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YOUSSEF BOUBEKEUR : L’ART POUR DÉJOUER LES CLOISONNEMENTS ET ACCUEILLIR L’ALTÉRITÉ

Les questions que Youssef Boubekeur explore à travers ses séries de dessins déjouant les décloisonnements Homme /animal pour tracer les analogies comportementales et nous rappeler que le chemin de la sauvagerie à la civilisation n’est pas toujours linéaire trouvent une résonance singulière en cette trouble période que traverse l’humanité. L’Individu fait, d’une certaine manière, l’expérience des affres de la captivité, et la confrontation entre sa part animale et sa part civilisée prend un relief inédit.

Une épreuve particulièrement inspirante pour l’artiste, qui se nourrit habituellement des récits de formes de cohabitation entre l’espèce humaine et le règne animal qui bousculent nos catégorisations préconçues. Il observe aujourd’hui ses contemporains en arrêt, dans une attente dépourvue de perspectives, comme des lions en cage, aux prises avec l’insensé.

L’Homme privé de son mode de vie, de sa sociabilité, comme l’animal captif peut l’être de son écosystème naturel, perd ses repères et son horizon. Youssef Boubekeur scrute avec la précision de son trait de bic bleu comment nos sens sont affectés, perte de goût, d’odorat : que disent les regards de nos tourments intérieurs ? Quel animal sommeille ou se réveille en nous ? Le souci de l’Autre s’ouvrira-t’il aux leçons paradoxales venues du monde animal ?

GORILLA HOPE, 2020
Bic sur papier d’Arches 300 gr
56 x 76 cm

L’artiste vit cette suspension du temps à la campagne, en pleine nature, et poursuit ses projets artistiques à l’épreuve de ce ressenti à la fois intime et collectif. Youssef Boubekeur a inauguré une série de dessins inspirés de la manière dont différents pays du monde, différentes cultures, ont historiquement vécu la cohabitation avec les félins, emblèmes de l’animal sauvage. Félins en taille réelle, drapés de parures humaines mis en scène dans l’élément naturel qui fut le leur. L’oeuvre est empreinte du paradoxe qui a parfois conduit à l’extinction d’espèces pour protéger la vie humaine, ou encore du statut sacré des tigres en Inde, à qui l’on organisait des rituels funéraires semblables à ceux des êtres chers. Elle raconte l’histoire d’une place dans le monde à partager.

Après ces semaines d’isolement pendant lesquelles, parfois, ce sont les animaux qui nous ont rendu visite, nous attendons avec fébrilité le moment où nous pourrons de nouveau nous prendre la main, nous toucher. La main, cet outil spécifique de l’Homme qui l’ouvre à la civilisation, celle de l’artisan qui fabrique, celle de l’artiste qui sublime, cette main tendue qui nous garde de la sauvagerie, sera la prochaine recherche créatrice de Youssef Boubekeur. Les mains d’artistes, nous aurons à leur rendre grâce, elles seront précieuses pour réenchanter le monde.

Réseaux sociaux de Youssef Boubekeur (instagram) : @Youx

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