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VINCENT ABADIE HAFEZ AKA ZEPHA : DE L’ART POUR SE PARLER AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Au moment où nos existences ont été mises en suspens, Vincent Abadie Hafez aka Zepha était en Guyane pour ses recherches sur les tatouages pratiqués avec le jus d’un fruit dans la culture amérindienne ancestrale. Le retour a été une confrontation à cet arrêt brutal de la marche du monde. L’artiste a regagné Toulouse où il vit désormais, et retrouvé son atelier dans le piémont pyrénéen.
Cette parenthèse d’intemporalité a été pour lui l’occasion de ranger son atelier, de se mettre à jour : un recentrage et un nettoyage artistique de printemps. L’artiste a renoué avec un rythme lent après une frénésie de projets et de rencontres aux quatre coins du monde. Cultiver son potager, consacrer du temps aux siens, tout en poursuivant son travail pour des invitations et résidence à venir.
Vincent Abadie Hafez redoute le repli sur soi, déplore la fermeture des frontières : sa démarche artistique est résolument universaliste, portée par l’intérêt pour les civilisations anciennes et soucieuse de créer des ponts entre les cultures. Pendant cette période d’isolement imposé, c’est le lien avec les spectateurs, le public des passionnés d’art, qui manque à l’artiste, toujours à l’écoute du ressenti de l’autre et de sa manière d’accueillir le propos esthétique. L’œuvre de Vincent Abadie Hafez est une œuvre qui relie, qui inscrit dans un monde commun. Elle est éminemment contemporaine et indisciplinée tout en honorant la source, la mémoire, ce qui nous précède et nous donne une consistance pour composer avec l’altérité.

ESMERALDA, 2019
Techniques mixtes sur toile de lin
89 x 80 cm

À travers ses calligraffitis, l’artiste explore les figures de la lettre et propose une esthétique singulière qui associe la fulgurance instinctuelle du geste provocateur de l’art urbain et la belle écriture élégante et appliquée. L’immédiateté et la transcendance, la fronde et le sacré.

Le travail de Vincent Abadie Hafez nous enseigne que nos racines et nos ancrages ne sont pas des carcans qui feraient obstacle à la singularité des chemins subjectifs empruntés. La langue et ses représentations graphiques se transforment, s’enrichissent des apports et métissages. Étirer le mot, c’est élargir l’horizon de la pensée et ouvrir les esprits. Le geste esthétique de l’artiste donne une amplitude à la lettre calligraphiée, et rappelle que la l’écriture n’est pas un code mais un mode d’échange humain symbolique ouvert à la poésie, à l’appropriation libre et créative. Vincent Abadie Hafez honore ces lettres avec lesquelles se forment des mots qui nous rapprochent, et déplore les maux de la langue instrumentale et fonctionnelle de la communication publicitaire qui envahit nos espaces. La source manuscrite de la lettre rend grâce a la main de l’artiste et de l’artisan, comme un mode de résistance : « tout a ou bien un prix ou bien une dignité », écrivait le philosophe.

Réseaux sociaux de Zepha (instagram) : @Zepha1

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